Comment bien jouer du piano ?

          Bien jouer du piano requiert de la patience, mais le but est de jouer correctement un morceau adapté à son nombre d'années de pratique musicale. Pour bien exécuter un morceau, il faut le travailler correctement jusqu'à être bien à l'aise. Si ce n'est pas votre cas, vous avez alors besoin des quelques conseils qui vont suivre :

 

 

Quatre étapes pour une séance de travail efficace

La plupart du temps, vous pouvez organiser votre séance de travail en quatre parties distinctes :

Priorités

Après avoir joué votre morceau une première fois "tant bien que mal", vous allez gérer la priorité aux passages difficiles. Ne travaillez que cela, lentement jusqu'à une bonne maîtrise, en corrigeant aussi toutes les fautes signalées par votre professeur. Il est préférable de savoir jouer bien une partie du morceau nouvelle (mais courte) plutôt que jouer l'ensemble pas trop bien "en espérant que la prochaine fois sera meilleure"

 

Rodage

Vous allez maintenant roder les passages déjà travaillés, en enchaînant désormais des passages plus conséquents, le but étant de jouer des séquences plus longues pour gagner aisance et fluidité. Jouer en disant le nom des notes (ou en chantant) consolide les acquis et facilite la mémorisation

 

Découverte

La troisième séquence est consacrée au déchiffrage de nouveaux passages plus éloignés, c'est la découverte. Déchiffrer, c'est jouer directement avec les deux mains, une fois ou deux, pas plus

 

Plaisir

Dernière partie, c'est la séquence plaisir : jouez maintenant ce qu'il vous plaît, improvisez ou rejouez des morceaux que vous connaissez déjà. En un mot, vous êtes libre !

Vous connaissez désormais mes principaux conseils pour une séance de travail, qui nécessite concentration, rigueur et souci du détail. Ne vous mettez pas la pression en voulant à tout prix obtenir la perfection. Dans tous les cas, ne vous découragez jamais et faites une pause si vous commencez à vous énerver !

 

 

Quatre erreurs fréquentes


Jouer tout le temps vite : le fait de jouer très souvent rapidement détruit le travail de mémorisation et finit par désynchroniser les deux mains. Pourtant très tentant, c'est l'action la plus néfaste à court terme. Un signe vous indiquera que la mémorisation ne se fait plus si vous jouez mieux un passage rapidement que lentement.

Jouer tout le temps par coeur : ceci détruit également le travail de mémorisation. Pour entretenir la mémoire, il faut rejouer les trois quarts du temps avec la partition devant les yeux en la relisant attentivement.

Travailler de trop longs passages d'un seul coup : si vous vous apercevez qu'au bout de trois jours, rien n'avance, c'est que vous avez entrepris d'avancer sur un passage trop long. Réduisez la "portion", refaites les mains séparément (surtout la main gauche) et cela s'arrangera rapidement.

Une mauvaise lecture vous empêchera d'anticiper suffisamment : la lecture de bas en haut (main gauche en premier puis main droite) est la seule qui soit efficace. Celle qui est anarchique ou en sens inverse empêche toute anticipation. Elle est à proscrire.

 

 

Quatre techniques qui marchent !


En conclusion, je dirais qu'il faut souvent faire l'inverse pour obtenir un bon résultat :

Pour jouer vite, travailler lentement 80% du temps. Jouer lentement ne veut pas dire jouer mollement, mais plutôt ne pas jouer vite mais avec le tonus mental de la vitesse, en cherchant la plus grande détente possible

Pour jouer bien par coeur, travailler en lisant la partition 80% du temps. Dire (ou chanter) le nom des notes en jouant est une méthode efficace pour perfectionner la mémoire. Un morceau su par coeur doit pouvoir être rejoué dans la tête en visualisant le clavier (cette technique est réservée aux pianistes de niveau élevé)

Pour jouer des morceaux en entier, travailler de courts passages.

Un passage est jugé maîtrisé lorsqu'on arrive à le jouer trois fois de suite sans se tromper

Pour bien jouer des deux mains, jouer plus souvent la main gauche que la main droite.

Les mains gauches qui ont de grands déplacements à faire doivent être travaillées beaucoup, car la coordination des deux mains est alors très difficile.

 

Eric Kullock (2017)